Les enfants de la réforme moins utiles pour la mafia?

Une école secondaire typique.


Un recruteur se disant déçu de la réforme de l'éducation.

La réforme de l'éducation entamée en 2000 nuit-elle aux opérations de la mafia italienne? C'est ce que semble indiquer le rapport de la récente opération policière Colibri visant les réseaux de distribution de narcotiques.

Le sergent Hugo Drouin de la Sûreté du Québec a fait part de cette information en conférence de presse hier matin: "Nous sommes très heureux de voir une forte recrudescence du recrutement de mineurs dans le but de les faire participer aux activités des gangs de rue et de revente de drogues. Il est toutefois encore trop tôt pour expliquer ce phénomène".

Selon certaines sources du milieu criminel italien de Montréal, plusieurs réseaux criminalisés, pourtant habitués de travailler avec des jeunes de 14 à 16 ans, n'ont plus été capables de trouver de nouvelles recrues. Ce revers serait peut-être dû à la réforme de l'éducation.

Sous le couvert de l'anonymat, un chef de gang a fait part de certaines informations sur le sujet: "On engageait d'habitude au secondaire. À cet age, les jeunes sont capables d'effectuer des tâches physiques et n'avaient pas besoin d'être payés trop cher." Toujours selon cette source, "Comme ils sont mineurs, les conséquences légales sont moins lourdes pour eux. Le problème qu'on rencontre ces dernières années, c'est qu'ils sont trop imbéciles pour comprendre quand on leur demande de faire quelque chose!"

Selon ce même informateur, l'observation des premiers problèmes coïnciderait avec le début de la réforme de l'enseignement secondaire mise sur place par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport dans le but de réduire le taux de décrochage scolaire. Cette grande refonte fut vivement critiquée à son introduction par certains enseignants qui y voyaient une méthode d'apprentissage déresponsabilisant les élèves de leurs erreurs.

D'après le chef de gang, cette réforme a eu un impact notable sur ses opérations quotidiennes: "On arrivait plus a leur donner des ordres, tellement ils étaient stupides! Quand ils ne comprenaient pas, ils disaient qu'ils n'avaient pas cette "compétence" pis qu'ils voulaient rien savoir. Par exemple, quand un client achetait 1 gramme de pot pour 10$ avec un billet de 20$, ça les mélangeait complètement. La plupart prenaient le 20$, le déchiraient en deux et rendaient une moitié du billet au client. On n'avait plus aucun vendeur ni livreur, ce qui représente 100% de notre force de vente sur le terrain! On a dû recruter chez les déficients mentaux pour faire la job finalement."

Le chef de gang n'estime toutefois pas que la réforme fut conçue par le gouvernement afin de nuire aux activités criminelles. "Ces ostis là ils savent pas ce qu'ils font! Va falloir qu'on fasse quelque chose dans notre communauté pour que les jeunes puissent recommencer à travailler pour nous, peut-être même ouvrir une bonne école!" ajoute-t-il en riant.

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